Decorative Arts
Feuillet gauche d'une plaquette à une arcature : la Crucifixion
Artist
Anonyme
Category
Decorative Arts
Museum
Musée du Louvre
Description
La plaque, très épaisse, est si profondément sculptée que certains éléments sont travaillés en ronde-bosse. La Crucifixion est placée sous un grand arc retombant sur des consoles, surmonté d’un tympan dont les rampants sont soulignés de simples crochets ; deux quatre-feuilles s’ouvrent de chaque côté de ce tympan qu’encadrent deux pinacles. Le Christ, barbu, ses longs cheveux ondulés retenus par la couronne d’épines, les bras nettement fléchis, les genoux remontés, est fixé sur la croix par trois clous ; son perizonium, découvrant le ventre et tombant jusqu’aux genoux, est relevé à gauche par un nœud qui provoque la retombée d’un pan et, sur le devant du corps, une suite de profonds plis « à becs » ; son torse, fermement modelé, présente une série de stries nettes au niveau des côtes. A côté de la croix, la Vierge esquisse un mouvement de recul. En face d’elle, saint Jean, la main droite levée, la gauche couverte par son manteau, serrant le Livre, se rejette également en arrière. Si les drapés de la Vierge présentent, comme le perizonium, des plis « à becs », le manteau de saint Jean est au contraire traité avec une élégante fluidité. La qualité de la sculpture est exceptionnelle, sensible en particulier dans le modelé du corps du Christ, dans l’attitude de la Vierge et surtout dans le traitement de saint Jean, dont la tête bouclée est très finement ciselée. La vigueur du travail, associée à l’extrême délicatesse de certains détails, le fort modelé en grande partie exempt de tout processus d’aplatissement, sont en effet la marque d’un atelier de tout premier plan travaillant dans les dernières décennies du XIIIe siècle, encore soumis à l’influence du Gothique monumental, tandis que les retombées linéaires du bord du manteau de saint Jean amorcent l’une des tendances majeures de la période suivante. Restes infimes de polychromie.