Fourreau de l’épée du sacre

Decorative Arts

Fourreau de l’épée du sacre

Artist — Anonyme
Museum — Musée du Louvre

Artist

Anonyme

Category

Decorative Arts

Museum

Musée du Louvre

Description

Le fourreau est composé d’un long étui bordé de métal, recouvert d’un velours violet semé de fleurs de lis, mis pour le sacre de Charles X en 1825. L’embout d’argent doré, qui manquait en 1534, fut refait avant 1634. Le fût a été refait en 1775. Les éléments les plus anciens se trouvent à la partie supérieure de l’objet : ce sont la grande plaque ornée de pierreries, la boucle et la plaque de la boucle. La grande plaque, légèrement cintrée à la partie supérieure, offre une surface d’argent doré brillant, sur laquelle sont serties neuf pierres précieuses dans des bâtes cernées d’un très gros filigrane : ce sont, au centre, un saphir étoilé entouré de quatre améthystes, deux saphirs jaunes, un grenat et un cristal de roche. Ces pierres correspondent à la description de l’inventaire de 1534-1634, et aux témoignages figurés donnés par Pourbus (Vierge de la famille de Vic) et Rigaud (Louis XIV), l’aquarelle fait pour Gaignières (Paris, Bibliothèque nationale) paraissant moins fiable en ce qui concerne la forme de pierres précieuses. Le saphir de la petite plaque de la boucle a remplacé un grenat avant 1634. Le procès-verbal du dépôt en 1793 mentionne bien les neuf pierres. La technique de l’orfèvrerie employée sur la plaque supérieure, avec la disposition de gros cabochons sur un fond de métal brillant, dépourvu de filigranes, est attestée par des œuvres de la seconde moitié du XIIIe ou du début du XIVe siècle : reliure de la Sainte-Chapelle, vers 1260 (Paris, Bibliothèque nationale, ms. Lat. 173.26), reliquaires de Montreuil-sur-Mer vers 1275 et 1296, ou encore couronne du Paraclet au trésor d’Amiens, dans le second quart du XIVe siècle ; enfin la couronne de la Vierge d’Evron, qui a été alléguée en faveur d’une datation précoce du fourreau, ne peut être antérieure à 1300, compte-tenu de ses émaux translucides sur basse-taille. Le fourreau est donc nettement plus tardif que la poignée de l’épée. On peut, d’autre part, se demander s’il a vraiment été fait pour s’adapter à l’épée : la différence de matière n’est pas un argument décisif ; en revanche il est plus significatif de constater qu’il est impossible d’enfoncer complètement l’épée dans la gaine : la partie cintrée de la plaque supérieure du fourreau ne s’adapte pas à la forme des quillons qu’elle vient griffer et racler. En 1804, Biennais dut limiter son intervention au refixage, au côté du fourreau, de la petite plaque portant un saphir et de la boucle qui étaient entrées à part, en 1793. Le remontage de Biennais n’a laissé qu’un très court morceau de courroie alors que l’on devine une courroie beaucoup plus longue sur la gravure de Félibien (V – fig. 12). La boucle et son mordant d’argent doré sont ornés de petits renflements grenus : selon I. Fingerlin, le type de la boucle permet de la dater dans le second tiers du XIIIe siècle. (Source : Danielle Gaborit-Chopin, 1987 et 1991)