Pendentif en forme de diptyque : Annonciation ; saint Christophe

Decorative Arts

Pendentif en forme de diptyque : Annonciation ; saint Christophe

Artist — Anonyme
Museum — Musée du Louvre

Artist

Anonyme

Category

Decorative Arts

Museum

Musée du Louvre

Description

Ce petit bijou était un pendentif en forme de diptyque assez épais, dont la bélière est encore en place. Les deux volets d’argent doré sont réunis par des charnières. A l’extérieur, les éléments (plaques de verre ou de pierres semi-précieuses ?) qui étaient sertis par un système de bâtes dentelées, ont disparu. A l’intérieur, sont fixées deux très minces plaquettes d’ivoire ajouré. Sur la plaquette de gauche figure l’Annonciation : l’ange Gabriel, un genou à terre, désigne la Vierge de la main droite et tient, en même temps que sa banderole, la tige du grand lys qui occupe le centre de la composition. De la corolle de ce lys, muni de deux étamines en T, émerge la Vierge en buste, les mains levées en orante, qui se penche vers Gabriel. A droite, en pendant de l’ange, est agenouillé un moine tonsuré, les mains jointes ; des traces de polychromie indiquent qu’il portait un vêtement sombre. Au centre de la plaquette de droite se dresse un saint Christophe, les pieds dans l’eau, entre deux hauts rochers sur lesquels poussent des arbres. Vêtu d’un grand manteau, il s’appuie sur un long bâton et porte sur ses épaules l’Enfant Jésus qui tient l’orbe et bénit. En haut du rocher de gauche, dans une sorte de caverne ronde, apparaît le visage d’un ermite : saint Antoine, ou plutôt l’ermite associé à saint Christophe et qui, de l’autre rive, guidait le passeur avec une lampe. La représentation de l’Annonciation est ici très surprenante et constitue, à cette date, une rareté dans l’iconographie mariale. Le moine agenouillé peut être le commanditaire. L’étonnante figuration de la Vierge dans un lys s’inspire certainement de représentations de la Vierge de l’Arbre de Jessé : elle y figure parfois debout sur une corolle de fleur ou même debout sur une corolle de lys. Toutefois, elle symbolise ici la maternité virginale de la Vierge, comme l’indique le fait que l’Ange tient la tige du lys. Il n’est pas impossible qu’il y ait aussi dans cette scène une allusion au miracle du lys, commémoré vers 1422 par la fondation de l’église de Folgoët dans le Finistère : un lys, sur lequel était inscrite la salutation évangélique, avait poussé sur la tombe d’un mendiant pauvre d’esprit qui ne savait que dire « Ô Dame Vierge Marie ». Bien que son association avec l’Annonciation ne soit pas fréquente, la présence de saint Christophe, qui protégeait de la mort subite, est justifiée pour un bijou de piété personnel. Ces minuscules reliefs s’inscrivent dans le courant des petits reliefs ou médaillons d’ivoire ajouré dont la mode s’est répandue dès 1400 et au XVe siècle, peut-être parce que l’on manquait de ce matériau. Traces de polychromie ?